
Les cahiers d’A2C #24 – Octobre 2026
- Pas de campagne pour les fascistes !
- Vers un syndicalisme antifasciste
- Racisme : une question de classe
- Qu’est-ce qu’une révolution ?
Pourquoi une revue ? Comment pensons-nous nos sommaires ?
Dans chacune de nos luttes comme dans la remise en question globale de la société, nous avons besoin d’élaborer des stratégies pour gagner. Ni les livres, ni les expériences passées ne donnent des réponses clés en main pour aujourd’hui, mais ils sont des outils incontournables pour les obtenir. Cette revue est donc un espace pour rendre explicites et lisibles les analyses que les militant’es d’A2C élaborent, et qui les amènent à défendre certaines stratégies. La théorie est pour nous inséparable de l’action militante ; c’est la généralisation de l’expérience, elle doit donc s’élaborer à partir de la pratique réelle de la lutte des classes, des débats qui s’y posent, comme elle se teste dans les propositions militantes qui en découlent. Cette conception se manifeste dans les sommaires de nos revues : vous y retrouverez côte à côte des articles dits « théoriques », des retours d’expérience de luttes, et, depuis plus récemment, des recensions d’autres livres ouvrages militants. Cette conception se manifeste aussi dans notre pratique de diffusion : nous vendons cette revue principalement en manifestations ou dans nos collectifs et syndicats, à prix libre. Si vous n’habitez pas dans une ville où nous sommes implanté.es, vous pouvez vous abonner à la revue et nous vous l’enverrons.
Les cahiers d’A2C passent en parution mensuelle !
L’année qui vient s’annonce déterminante. Les échéances électorales de 2027 et le risque d’accession au pouvoir du RN vont pousser des millions de personnes à s’intéresser à la politique. Parmi elles, des centaines de milliers de personnes vont se mettre en mouvement et chercheront quoi faire pour conjurer le danger fasciste, se demanderont comment lutter efficacement contre le racisme ou encore comment s’organiser sur leur lieu de travail.
Dans la période d’accélération politique que nous allons vivre, nous voulons être au plus près des débats stratégiques qui traversent le mouvement et outiller les militant.es pour intervenir au mieux dans une situation changeante. C’est pourquoi nous avons décidé d’augmenter la fréquence de publication de nos revues et de passer d’une revue tous les deux mois à une revue chaque mois.
Les cahiers d’a2c ont pour vocation de partager des retours d’expérience, des analyses et des propositions stratégiques afin de tenter d’influencer le mouvement dans une direction qui nous semble la bonne : la révolution par en bas, l’autonomie de classe. Cette parution mensuelle s’appuiera sur les retours d’expérience de camarades implantés dans de nombreuses régions et terrains de lutte différents pour proposer une stratégie cohérente aux centaines de milliers de personnes qui vont se mettre en mouvement dans les mois qui viennent.
Abonnez-vous !
S’abonner, c’est s’assurer d’avoir accès sur la durée aux analyses que nous développons et de comprendre comment elles s’incarnent concrètement sur plusieurs fronts de lutte sur une période donnée. L’abonnement a aussi pour vocation de favoriser les discussions avec les camarades qui nous lisent et nous soutiennent. Pour cette raison, nous ouvrirons un espace dédié sous la forme de courriers des lecteurices.
S’abonner c’est aussi soutenir une organisation qui développe une approche révolutionnaire par en bas, guidée par une grille d’analyse marxiste et des allers retours constants entre l’organisation et le mouvement. En vous abonnant, vous offrez de la stabilité financière à A2C et vous nous permettez de poursuivre et développer nos activités :
- Imprimer et de distribuer plus sereinement et largement nos revues et nos brochures à prix libre
- Organiser des discussions publiques A2C et des festivals de débat stratégique dans les villes où on est déjà pour mettre en discussion les analyses et les stratégies qu’on propose avec le reste du mouvement.
- Organiser des discussions dans les villes où on n’a pas d’antennes pour y diffuser nos analyses et y rencontrer des (futur.es) camarades
- Financer la rémunération de personnes pour organiser ces activités : production de la revue, organisation de la diffusion, de réunions, aide à la constitution d’antennes.
- Envisager d’autres formes de diffusion de nos idées : podcasts, vidéos, parution plus fréquente de la revue, couvertures en couleur…
Alors… Abonnez-vous !
Anciens numéros
- Edito : Faisons entrer notre classe pour sortir les fascistes
- Unité de classe antifasciste !
- On meurt de chaud
- L’Etat, c’est pas la classe
- Contre les violences, construire un front féministe et enfantiste
- Il s’agit maintenant de le transformer : Retour sur une expérience de formation collective et militante aux idées marxistes
- Courrier des lecteurices :
L’édito : Donnons du pouvoir à nos luttes !
Les premiers mois de 2026 ont encore montré que le destin de l’humanité se jouait dans la course de vitesse entre la guerre impérialiste et la capacité de la majorité à s’organiser pour résister. C’est sous ce signe que nous avons choisi d’orienter ce numéro des Cahiers d’A2C. Il était donc naturel de commencer par un article qui se penche sur l’Iran, ce point de déflagration des rivalités inter-impérialistes qui est aussi (et ce n’est pas le fruit du hasard !) creuset de luttes et de révolutions.

Nous revenons ensuite sur une séquence de lutte prometteuse dans le secteur de l’éducation à Marseille, qui a vu lycéen·nes et grévistes se battre ensemble contre la militarisation de l’école et les “économies de guerre” faites sur le dos de l’éduc’. Cette lutte est d’autant plus remarquable qu’elle n’en a -pour l’instant – pas inspiré d’autres, dans un contexte où le mouvement contre la guerre fait face à un blocage stratégique en France. C’est pourquoi nous publions aussi un article qui analyse la lutte de 2003 contre la guerre en Irak ; les questions d’islamophobie, de critères de l’unité contre la guerre avaient déjà fortement limité l’ampleur du mouvement en France, alors que des records étaient battus dans le monde entier.
Alors, quels compromis peut-on faire pour mobiliser plus largement ? Quel rôle pour les syndicats ? Les débats stratégiques continuent avec une interview croisée de militants d’Italie et de Grande-Bretagne autour de la journée du 28 mars qui a vu des centaines de milliers de personnes prendre la rue à Rome et à Londres, contre l’extrême droite, le racisme et la guerre. La question de la lutte antiraciste est également abordée d’un angle plus historique et théorique, dans un article qui questionne l’idée selon laquelle les travailleur·euses blanc·hes auraient intérêt au racisme. Mobilisant W.E.B Du Bois contre les théories du privilège et revenant sur des séquences-clés de la lutte des classes en France, cet article argumente qu’accepter le racisme a un prix : la fragmentation des luttes et la perpétuation de l’exploitation.
Enfin, nous discutons stratégies révolutionnaires : 90 ans après, un retour sur la séquence qui a mené au Front Populaire s’impose. On en tire trois leçons pour articuler luttes antifascistes, luttes sociales et transformation révolutionnaire. Le second article traite de la révolution sous l’angle des luttes écolos, et se demande comment faire pour passer d’une écologie anticapitaliste à une écologie révolutionnaire pour changer le système ? Ça passe par la massification du mouvement et la construction d’alliances par en-bas entre luttes écolos et travailleur·euses. Face au capitalisme qui détruit le vivant, faire classe !
Enfin, le marxisme est selon nous la théorie qui permet le mieux d’appréhender le fonctionnement de la société et donc, d’y intervenir pour la transformer. En revanche, nous sommes conscient·es que c’est une théorie qui a évolué au gré du mouvement ouvrier, avec celles et ceux qui s’en sont saisi·es et l’ont intégrée dans leur pratique au fil des années. Il nous paraît donc important, pour nous qui nous en revendiquons, d’argumenter en quoi nous croyons que cette théorie est encore capable de résoudre les questions que nous nous posons, et d’expliciter quelle est la pratique que nous en faisons. C’est ce que nous proposons via la rubrique Pourquoi le marxisme ? depuis quelques numéros. Cette fois-ci, nous nous questionnons : la nature humaine est-elle un frein à l’émancipation ?
A vos Marx, prêt·es, lisez !
L’équipe revue
L’edito : Minneapolis montre la voie !
De Minneapolis au 14 mars : des luttes de quartiers au bras de fer politique
Les attaques racistes et fascistes rencontrent des résistances massives par en bas. Dans une période trouble, c’est une source d’espoir essentielle pour toutes celles et ceux qui rejettent la victoire annoncée de l’extrême-droite. Aux États-Unis, le mouvement contre la milice anti-immigrant’es du régime de Trump (l’ICE) vient de remporter une victoire historique dans la ville de Minneapolis en les virant en quelques semaines par la force de la rue. On espère évidemment que leur lutte exemplaire en inspirera mille autres partout et pour cela, nous proposons un entretien avec un camarade impliqué dans le mouvement anti-ICE. Pour la France, alors que la riposte antifasciste et antiraciste continue de s’organiser on vous propose un retour sur la construction de la journée du 14 mars à Paris et à Marseille, ainsi qu’un retour sur la résistance par en bas à la campagne électorale des fascistes dans le XXe arrondissement de Paris. Enfin, parce que combattre l’ennemi c’est aussi en faire l’analyse, nous proposons une recension critique de l’ouvrage Le vote FN au village de Violaine Girard.

Les révolutionnaires et les syndicats.
Les syndicats, quels que soient leurs défauts et leur faiblesse, restent la première forme d’organisation de notre classe pour se confronter à la bourgeoisie. Ce sont eux qui l’organisent et sont capables de la mettre en mouvement le plus massivement. On doit donc y intervenir mais aussi élaborer politiquement sur ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire du point de vue révolutionnaire. Parce que les syndicats permettent de faire classe, on se doit de participer à leur construction et d’élargir leur implantation. On revient dans ce numéro sur une expérience d’organisation syndicale dans le secteur de la librairie, les difficultés rencontrées mais surtout les premières victoires après plusieurs années de travail patient. L’importance des syndicats ne doit pas nous empêcher de nous questionner sur la forme qu’ils prennent. Du fait de leur taille et de leur poids, ce ne sont pas des blocs homogènes : des militant’es de base aux directions, ce ne sont pas les mêmes positions et les mêmes intérêts qui y sont défendus. Lors des derniers mouvements massifs de l’hiver 2019-2020 et du printemps 2023, c’est les directions syndicales qui ont largement mené la danse, réussissant à imposer leur rythme et leur calendrier. On doit donc se pencher sur la bureaucratisation des syndicats et sur la réalité de l’opposition entre les directions et la base.
L’impérialisme, un système global.
La reconfiguration du monde par les impérialistes s’accélère, toujours accompagnée de son cortège d’atrocités. En Syrie, plus d’un an après la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, le nouveau régime d’Ahmed al-Charaa a lancé une offensive d’ampleur contre la zone nord-est du pays, le Rojava. Cette région de fait autonome depuis 2012 et contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG kurdes, a à la fois attiré l’attention des révolutionnaires du monde entier en même temps qu’elle s’est retrouvée au cœur de jeux d’alliances internationales complexes. Alors que l’avenir de la région est en jeu et avec elle, le combat du peuple kurde pour son émancipation, il nous semble nécessaire de revenir sur l’expérience du Rojava et les questions stratégiques qu’elle pose.
Stratégies pour la révolution.
Ce ne sont jamais les révolutionnaires qui décident du déclenchement des révolutions, cependant c’est leur intervention qui peut en déterminer l’issue. Il y a donc une nécessité d’élaborer stratégiquement pour que nous soyons capables de faire face aux tempêtes révolutionnaires à venir. Cela implique de débattre dès maintenant dans le mouvement du rôle que les organisations révolutionnaires et leurs militant’es y jouent. Il y a des cadres plus ou moins spontanés et plus ou moins auto-organisés dans tous les mouvements passés ou présents (conseils ouvriers, assemblées générales…), par contre on peut se demander si l’auto-organisation suffit pour faire la révolution ?
Pourquoi le marxisme ?
Les analyses que nous portons et les filiations politiques dont nous nous revendiquons ne doivent pas être des choix arbitraires. Si nous nous qualifions de marxistes à A2C, nous devons pouvoir expliciter ce que nous entendons par là. Le marxisme n’est pas pour nous une recette qu’on devrait suivre à la lettre ou un enseignement scolaire, il est plutôt la théorie privilégiée de la révolution, celle qui permet le mieux de comprendre l’affrontement des classes et de guider notre action dedans. Depuis quelques numéros, la rubrique Pourquoi le marxisme ? cherche à en présenter les idées phares ; ici, nous avons choisi de répondre à la question : pourquoi le capitalisme mène à la guerre ?

Edito · Face à la barbarie impérialiste : Make Revolution Great Again
Ce numéro sera diffusé dans une période de campagne électorale des Municipales. Quand ce qui domine est la délégation des questions politiques à d’autres, la question devient comment intervenir en terrain piégé. L’article « Élections municipales : il faut y aller… mais comment ? » apporte des éléments de réflexion. Parmi ceux-ci, le fait que les fascistes vont tenter d’utiliser cette séquence comme un moyen de s’implanter et constituer une base active. Nous devons donc redoubler d’efforts pour constituer des fronts unitaires de lutte antifasciste. Des expériences sont menées par des camarades, qui éclairent sur les potentialités et les débats. Par exemple : « S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : une urgence et plein de débats ! » sur Marseille, ou « Antifascisme et sécurité » dans le 93. C’est à partir de ce type de lutte et des expériences faites en commun que nous pouvons le mieux convaincre de l’impasse du réformisme, dont la force repose en grande partie sur le fait que notre classe serait devenue trop hétérogène pour se constituer en pouvoir alternatif. « À propos de Nouveau Peuple, nouvelle gauche : des arguments pas si nouveaux », est une réponse à cet idée, à travers une lecture critique du dernier livre édité par l’Institut La Boétie de La France Insoumise.
La centralité de l’antiracisme qui nous guide comme boussole à A2C nous amène à considérer ces luttes comme primordiales dans la période. La mobilisation du 18 décembre cette année a franchi un cap avec le mot d’ordre de la « journée sans nous » et l’ambition de faire de cette date un jour de grève politique. Nous proposons d’abord un retour sur cette mobilisation et celles des dernières, tout en approfondissant le lien indissoluble entre antiracisme et lutte de classe. Parce que l’antiracisme est nécessaire pour l’unité de toute la classe, il nous faut nous tenir fermement au côté de toutes celles et ceux qui le subissent et le combattent : alors que les attaques contre les musulman.e.s se multiplient dans la continuité de la progression du danger fasciste en France, nous devons continuer d’affirmer qu’il n’y aura pas de front commun antifasciste sans luttes contre l’islamophobie. Ainsi, vous trouverez aussi dans ce numéro un retour d’expérience sur une mobilisation large contre l’islamophobie à Saint-Brieuc à l’initiative du Front commun antifasciste des Côtes d’Armor.
Car l’unité de toute notre classe est une préalable non-négociable à l’expansion et à la coordination de nos luttes, il est impératif d’effectuer un retour critique sur les mouvements qui ont secoué ces dernières années et dans lesquels nous nous sommes investi.e.s. La formidable offensive depuis 2017 d’une « quatrième vague » féministe a rebattu les cartes de la lutte en mettant l’accent sur la question des violences sexistes et sexuelles et en faisant réémerger la perspective de la grève féministe. Quelques années après, alors que les mouvements réactionnaires et fascistes continuent de progresser, nous proposons un court bilan sous forme de point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe pour poursuivre les discussions et repasser à l’attaque.
L’accélération de la marche vers l’affrontement impérialiste doit tou.te.s nous engager à la construction d’un vaste mouvement anti-guerre. Cependant, les conditions de l’unité sont encore loin d’être là et les divergences à l’intérieur du mouvement n’ont fait que s’accentuer depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. C’est pour prolonger les polémiques de façon constructive que nous continuons d’affirmer que l’émancipation des ukrainien.ne.s envahi.e.s par la Russie de Poutine ne peut reposer sur l’aide des impérialistes occidentaux et qu’ici comme là-bas nous devons refuser l’union sacrée avec Trump et Macron. Alors que le soutien à la résistance palestinienne est de plus en plus criminalisé en France, nous nous devons de clarifier nos perspectives stratégiques pour le mouvement d’un point de vue le plus internationaliste possible et de mettre en avant le rapport nécessaire entre le combat des palestinien.ne et la libération de tout le Moyen-Orient. C’est à partir de la première déclaration de Georges Abdallah à son retour à Beyrouth que nous proposons d’examiner les liens entre le sionisme, la Palestine et la classe ouvrière égyptienne. Enfin, parce que le pire n’est jamais sûr et à rebours des interprétations historiques dominantes, nous vous partageons un lien vers une introduction d’un camarade qui répond à la question : qu’est-ce qui a vraiment mis fin à la première guerre mondiale ?
Edito : nos luttes n’ont pas de frontières
À A2C, nous partageons l’idée du socialisme par en bas. Nous pensons, comme Marx, que l’émancipation des travailleurs et des travailleuses dépend de l’œuvre des travailleurs et des travailleuses elles et eux mêmes. D’autre part, nous constatons comme lui que l’idéologie dominante défend les intérêts de la classe dominante. Cela nous mène à construire le mouvement tout en construisant notre organisation pour élaborer des stratégies révolutionnaires et politiser nos luttes. L’article “Le socialisme par en bas comme vision de la révolution” revient sur cette conception du changement par en-bas, et celui “Que veut dire militer ?” vous incite à découvrir les principales boussoles qui nous guident dans notre pratique révolutionnaire.
La séquence du 10 septembre, par ses assemblées « On bloque tout », ses grèves construites par les équipes syndicales de terrain, par les nombreux collectifs militants qui ont fait le choix de s’impliquer dans ce processus, a confirmé l’hypothèse qu’une direction alternative se forge à travers et pour chacune de ces luttes. Pour revenir sur cette dynamique, nous avons décidé de vous partager des retours d’expériences de Marseille, Toulouse et Paris 20e. Vous y découvrirez des témoignages de la combativité qui naît de l’auto-organisation de notre classe, et, face à l’offensive de la classe dirigeante, de la possibilité de nous battre sur le terrain politique en construisant la solidarité antiraciste.
L’émancipation de notre classe ne se fera pas sans son unité politique. Nous devons donc construire et soutenir toutes les luttes contre les oppressions systémiques. À l’approche des manifestations de fin novembre contre les violences de genre, nous proposons un dossier féministe. Nous nous questionnons : la notion de consentement est-elle suffisante pour lutter contre les violences sexuelles dans une société patriarcale ? Nous vous proposons ensuite une prise de position pour une compréhension matérialiste de l’oppression homophobe et biphobe. Enfin, nous vous partageons une introduction audio d’une camarade à propos de la stratégie de la grève féministe.
Mais pour préserver cette possibilité pour notre classe de se mobiliser et de se radicaliser, il est nécessaire d’éradiquer son ennemi mortel. Face au danger du fascisme, la riposte générale n’est pas encore à la hauteur. À comparaison, la mobilisation antifasciste brestoise du mois de septembre, en réaction à des attaques fascistes, est exemplaire. Pour construire cette riposte, nous défendons dans l’article « Comment vaincre le fascisme » la stratégie du front unique.
Avec les débats et l’émergence de grèves politiques, féministes, pour l’égalité de tous.tes, contre le racisme et en solidarité avec les migrant·es le 18 décembre à l’appel de la Marche des Solidarités, ou en soutien à la résistance du peuple palestinien, un cap important a été franchi pour nos luttes. Se mouvoir sur le terrain politique, c’est aussi défaire les frontières.
Dans la lutte internationaliste, comprendre pourquoi Macron a argumenté pour la reconnaissance de l’État de Palestine permet de conclure : continuons le combat !
Ils s’arment, on s’organise : à Paris, plus de 4000 militant·es étaient réuni·es début octobre contre la guerre. Nos camarades présent·es vous racontent. Et parce que la seule issue pour notre classe est de transformer la guerre impérialiste en guerre révolutionnaire, nous devons nous battre contre notre bourgeoisie et donc contre toute forme d’intervention de l’État français en Ukraine. Un audio vous attend.
Enfin, à A2C, nous sommes marxistes. Le marxisme est une conception du monde vivante et révolutionnaire ; c’est pour présenter ses concepts et leur utilité que nous tenons la rubrique « Pourquoi le marxisme ? » depuis le précédent numéro. Nous vous proposons cette fois-ci de découvrir la théorie de la valeur.
À vos marx, prêt·es, lisez !
L’équipe revue.
Éditorial : Nous sommes tou.te.s des secteurs stratégiques
Dans le mouvement, certain.es argumentent sur le fait que le racisme a toujours existé, et qu’il est séparé du fonctionnement du capitalisme. D’autres qu’il a permis à la bourgeoisie d’acheter la classe ouvrière des pays esclavagistes, colonialistes et impérialistes grâce aux surprofits réalisés. Les luttes de classes (entre exploiteurs et exploité.es) et les luttes antiracistes seraient donc des combats séparés, au mieux complémentaires. Nous avons voulu répondre à ces approches par une série d’articles : celui “racisme et capitalisme” revient sur l’apparition historiquement datée du racisme, liée aux intérêts de la bourgeoisie. L’article “La classe ouvrière du Nord profite-t-elle de l’exploitation du Sud ?” conteste l’argument selon lequel la domination des pays du Sud profiteraient aux travailleur·euses du Nord.
Parce que la théorie sert à guider nos actions, de ces approches découle selon nous la nécessité de penser et mener ensemble les ripostes aux attaques antisociales et nos combats antiracistes et internationalistes. Il existe des exemples inspirants de ce type, comme “USA – La journée sans immigré·es” qui retrace l’expérience de la grève des migrant.es en 2006 aux USA, ou “Gaza : De la solidarité massive à la grève politique” sur l’expérience de construction d’une grève en juin pour dénoncer le génocide à Gaza et la complicité de la France.
Le racisme et le nationalisme promus par la classe dirigeante sont également le ciment principal de construction des organisations fascistes, qui se présentent comme une alternative au pouvoir en crise de la bourgeoisie. Il nous a donc semblé important de revenir sur des débats du mouvement antifasciste : “Le RN a-t-il renoncé à la violence ?” revient sur la nature du RN, et “Manifestation du 10 mai, quel bilan pour les stratégies antifascistes ?” cherche à faire le bilan des réponses antifascistes différentes à la manifestation de centaines de fascistes dans les rues de Paris le 10 mai.
Le mouvement de fond qui s’est cristallisé autour de la mobilisation “On bloque tout !” du 10 septembre montre les possibilités qui existent dans notre camp pour mener ces batailles de classe – antiracistes, antifascistes, internationalistes et pour la Palestine, pour notre classe. Parce qu’il s’organise à la base, dans des assemblées, en-dehors du cadre des organisations syndicales ou politiques, ses potentialités s’expriment pleinement. Mais alors, à quoi bon se syndiquer ? Un camarade fournit des arguments de réponse dans “Quel syndicalisme pour organiser notre classe ?”.
Enfin, si à a2c on parle de classe, c’est parce que nous nous reconnaissons comme marxistes et pensons que « l’émancipation des travailleur·ses sera l’œuvre des travailleur·ses elles et eux-mêmes ». À l’image de l’article “Le validisme, pilier du capitalisme ?” dans lequel l’analyse de la production du handicap dans la société capitaliste sert à préciser ce que doivent être les stratégies antivalidistes du mouvement qui se (re)construit.
Mais qu’entend-on par « classe(s) » ? En quoi le marxisme serait-il plus pertinent que d’autres grilles de lecture de la société ? Nous ouvrons une rubrique dans ce numéro avec la volonté de discuter et d’aborder les concepts de base du marxisme. Premier article : “Pourquoi le marxisme ?”.
Bonne lecture !
L’équipe revue.
- Éditorial : Aboubakar : au moins 57 raisons de renverser le système
- Après les manifestations du 22 mars : quelle stratégie contre le racisme ?
- Fascisme en tension : comprendre et combattre les fascistes avec Gramsci
- Retour sur le 7 et 8 mars : vers la construction d’un front féministe antisioniste et antifasciste?
- En débat :
- En dossier :
- Éditorial : Urgence antifasciste et antiraciste, développons l’autonomie de notre classe
- Retour – Manifestation antifasciste dans le 20eme
- Le collectif auto-organisé des personnes sans papiers de Rennes voit le jour !
- Doit-on abolir la famille ?
- Construction de la grève du travail productif et reproductif : où en sommes nous ?
- Bi, pan, queer, fier-e-s et en colère : quelles perspectives de libération pour les bisexualités ?
- Offensive anti-trans : comment bâtir la riposte ?
- Quelles luttes anti-sionistes aujourd’hui ?
- Israël est défait, le Hamas vit, et la Palestine vaincra
- Violences de l’industrie de la drogue : faire classe pour éviter les pièges délégataires, sécuritaires et racistes
- Éditorial : Toi tu cherches, nous on te trouve !
- Crise du capitalisme : une mauvaise répartition des richesses ?
- Sionistes, fascistes, hors de nos manifs
- Le RN n’est pas le parti des ouvrier.es
- Lutte de classes : les bases de l’antagonisme
- Dossier : Grèves
- Comprendre le colonialisme français pour mieux le combattre
- Kanaky : L’ennemi principal est dans notre pays
- Intifada de Londres à Paris !
- Suzanne, pour toujours dans nos coeurs et dans nos luttes
- Faut-il un parti pour faire la révolution ?
- Éditorial : Face à l’extrême droite et à la crise politique du gouvernement, l’unité antiraciste et antifasciste !
- Procès « de Mazan » culture solidaire et féministe face à la culture du viol
- Sur l’islamisme : lutter contre les analyses racistes
- Qu’est-ce qu’un parti fasciste ?
- Un quartier contre le fascisme : Rennes-sud
- Dans les urnes puis dans le mur ?
- La lutte des classes au 21e siècle
- Éditorial : Face à leur monde de merde, la jeunesse nous montre le chemin de la lutte!
- Laissez parler les jeunes!
- Mobilisations dans l’éducation
- Retours d’expérience de ripostes antifascistes locales
- Offensive anti-trans: imposons notre fierté
- 1924-2024 : 100 ans de la grève des sardinières de Douarnenez
- Retour sur la lecture collective de l’article « Récit d’une agression sexuelle… »
- Discussions autour de la lutte armée
- Courrier de nos camarades
- Classe ouvrière israélienne, apartheid et lecture collective
- Éditorial : Nécessaire, possible, mais pas automatique… L’autonomie de classe est un combat!
- Grève féministe: un cap est franchi! et maintenant?
- Récit d’une agression sexuelle, comment créer une responsabilisation collective autour du consentement?
- Lutte dans l’éducation
- Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid?
- Gaza me seh
- Loi Darmanin: anatomie d’une défaite
- Une approche sans tabou ni romantisme de la lutte armée
- Faut-il un parti pour faire la révolution?
- Éditorial : Crise du pouvoir : contre la loi Darmanin-Le Pen et pour la Palestine, saisir la brèche
- La France à un tournant : 1ère vague de riposte contre le racisme et le fascisme
- Le sionisme : un projet raciste et colonial qui doit être combattu au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme
- Comités Palestine : construire la solidarité face à une répression sans précédent
- Debout chômeur·euses !
- On insiste : la liberté maintenant ! Partie 2
- Pour la gloire de nos vies : l’attitude de Ben !
- Éditorial : Combattre le racisme et le colonialisme par tous les moyens nécessaires
- Une histoire abrégée du « conflit » israélo-palestinien
- La police s’autonomise-t-elle de l’État ?
- Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État
- Pas de JO sans papiers : Empêchons Darmanin de faire sa loi !
- La rafle des jeunes du parc de Belleville
- Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole
- Ils iront jusqu’au bout : la trajectoire énergétique du capital / Pour une écologie matérialiste : les effondrements et la classe – Partie 2
- Doit-on parler de fascisation ?
- Rebel without a pause : le Hip Hop a 50 ans !
- Infirme, j’affirme ! Nouvelle de Med’H, 2023
- Éditorial : Dans un contexte politique et social éruptif, une rentrée des luttes sans concession !
- Pour une écologie matérialiste : les effondrements et la classe (1/3)
- Salvador Allende et les impasses du réformisme
- À quoi ressemblerait un « pouvoir ouvrier » ?
- Récit d’une grève contre l’islamophobie, le racisme et le sexisme dans l’Éducation
- 50 ans après le 21 juin 1973 antifasciste, construire un front unitaire le plus large et déterminé !
- Au Niger comme ailleurs, un seul héros, le peuple !
- On insiste : la liberté maintenant ! (à partir de « Free jazz / Black power » de Carles et Comolli)
- Culture #09
- Éditorial : Du zbeul général à l’autonomie de classe
- Grande-Bretagne : un mouvement de grèves qui soulève des questions stratégiques importantes
- La crise israélienne : « un conflit interne sur les moyens d’opprimer » les palestinien·nes
- États-Unis / Chine : vers un nouveau partage du monde ?
- Argumenter et convaincre de l’urgence antifasciste et antiraciste
- 21 juin 1973 : Interdire (physiquement) les meetings fascistes
- Retraites – Questions et hypothèses à partir du mouvement
- Les idées révolutionnaires de Karl Marx
- Culture #08
- Éditorial : De l’huile sur le feu
- Grèver en féministeS !
- Aux origines de l’oppression des femmes
- Loi Darmanin : le deuxième front
- « Beaufs et barbares » d’Houria Bouteldja : un antiracisme par en haut ?
- Arrêter le travail, commencer à rêver !
- Libraires en grève : c’est trop la classe !
- Quel syndicalisme aujourd’hui ?
- 1973 : la révolte des travailleurs immigrés
- Culture #07
- Éditorial : Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin !
- « Jin, Jiyan, Azadî » – Femme, Vie, Liberté ! Les femmes iraniennes et kurdes d’Iran à la tête de la révolution
- L’anticapacitisme : marginalisé des luttes ?
- C’est le capitalisme qui détruit l’environnement. Détruisons le capitalisme !
- Combattons les mouvements antitrans, combattons le fascisme
- 1973, le nouveau temps des crises
- Capitalisme et Famille : la situation réunionnaise
- Front populaire : La révolution est-elle possible ?
- Culture #06
- Éditorial : De la confiance – en nous – et de la puissance – pour nous !
- Assemblée antifasciste de Marseille : une expérience vitale
- Lutter contre le racisme, une nécessité pour les révolutionnaires !
- Front Populaire et antifascisme de masse : quand vaincre le fascisme devint possible
- Comment faire face au danger fasciste? L’exemple de KEERFA
- Système pénal, un débat féministe
- Face aux agressions sexistes et sexuelles au sein de notre camp, gardons la boussole de l’autonomie de notre classe !
- L’OTAN, ou le trait d’union d’une guerre mondiale à l’autre ?
- Culture #05
- Éditorial : Canicule, guerre et inflation, capitalisme en convulsion
- Inflation : vers une crise d’ampleur ?
- Gymnastique des grèves en Angleterre : la lutte appelle-t-telle la lutte ?
- Big up : Rennes féministe et antiraciste
- Le capitalisme en France et la place particulière du militaire
- Se préparer aux guerres qui (re)viennent
- Révolution au Soudan : l’armée, la réforme et la résistance par en bas
- Union Populaire et Front populaire : mythe et critique du réformisme
- La théorie du privilège peut-elle nous aider à comprendre le racisme ?
- Culture #04 : Notre classe raconte sa vie !
- Éditorial : Macron au pouvoir, les fascistes en embuscade, et maintenant on fait quoi ?
- Les fascistes, Macron, l’État… C’est pas la classe
- De la force de notre antiracisme dépendra notre capacité à repousser le fascisme
- Retour d’expérience de la Campagne Antiracisme et Solidarité à Toulouse
- La Campagne Montreuilloise Antiracisme et Solidarité
- La prison tue notre classe… tuons la prison !
- L’impérialisme et la guerre en Ukraine
- Ukraine : face à l’horreur, qu’est-ce qu’il faut faire ? Et qu’est-ce qu’on peut faire, nous ?
- Une histoire politique des Sound systems (Ep.3)
- Éditorial : Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !
- Moins de programmes électoraux, plus de politique !
- De la théorie à la pratique, la grève féministe n’est pas automatique
- Retour d’expériences sur les collages féministes contre l’extrême-droite à Toulouse
- Il n’y a pas de petites victoires : avec Gollé pour la régularisation de tou·te·s les sans-papiers !
- Thomas Sankara, quel héritage pour la jeunesse africaine et pour les révolutionnaires dans le monde ?
- Une histoire politique des Sound systems (Ep.2)
- Éditorial : En 2022, plus que jamais, une stratégie, l’autonomie de classe
- Est-ce la mort du néolibéralisme ?
- La longue marche des sans-papiers vers la liberté
- Entre les lignes : pour une position révolutionnaire à l’égard du Hamas
- Base et superstructure (Été 1986)
- Révolution espagnole : Front républicain ou Révolution sociale
- Une histoire politique des Sound systems (Ep.1)
- Éditorial : Les sans-papiers ouvrent la voie
- Lutte : Féminisme à Rennes : la rentrée massive de Nous Toutes 35
- Théorie : Vous avez dit grève générale ?
- Recension : La domination policière, de Mathieu Rigouste
- Éditorial : Plutôt que les élections : Faisons chanter nos bâtons !!!
- Migrant-e-s, le paternalisme humanitaire contre l’auto-organisation
- « Tout le monde déteste la police ! »
- Face au racisme, aux violences policières et à la montée du FN, c’est dans la rue que ça se passe !



































